Pause café

avortement maladie honteuse...

 

oui oui je sais j'en ai déjà parlé longuement mais on en parle jamais assez.

il se trouve qu'aujourd'hui je suis restée sans voix, devant les remarques ultra rétrogrades d'une de mes collègues de travail, qui doit avoir dans les trente deux ans et qui en parait quarante cinq bien sonnés. Dans sa tenue vestimentaire  que je ne critique pas , chacun ses gouts, mais aussi dans sa mentailité, une vraie puritaine version américaine profonde, hallucinant à notre époque.

 

Elle nous racontait que sa petite belle soeur, la soeur de son mari je crois , les vingt cinq printemps pas encore sonnés , faisait bêtises sur bêtises, abandon des études, changement régulier de partenaire ( oh choking) et surtout rendez vous compte , un avortement !!!

alors là vraiment on aurait dit qu'elle avait commis un pêché irréparable, qu'elle était marqué au sceau de l'infamie, j'en suis restée sans voix, enfin pas très longtemps, je me suis juste hazardé à dire suite à une remarque de sa part " elle a avorté c'est la honte de la famille", qu'elle avait peut être une bonne raison, qui avait motivé son acte et que ce n'était certainement pas une décision si facile à prendre, enfin à mon humble avis...

 La réponse m'a sciée, comment tu le sais t'as déjà essayé ? Comme si on "essayait "l'avortement, ben oui comme les jeans dans les magasins, oui je préfère le thérapeuthique , non moi c'est l'aspiration qui me vas le mieux...

Bref, ça m'a scotchée sur place tellement affligeant que je me suis retirée, avant de vraiment sortir de mes gonds!

 j'ai juste glissé en partant que je ne savais pas que l'avortement était une maladie honteuse...

Quand on entend ce genre de choses, comment voulez vous, que les mentalités évoluent, c'est pas le tout de faire des pubs à la télé pour énumérer et faire connaitre les différents moyens contraceptifs disponibles, encore faut il être réceptif et pouvoir parler librement de sa se*ualité (pour éviter les pubs) dans son entourage proche... 

Moi je plains sa fille de dix ans, qui joue encore à la poupée comme si elle en avait 6 (tous les mercredis aprèm au bureau), parce que quand le moment sera venu, j'ose à peine imaginer le discours que lui tiendra sa chère mère....

c'est triste, parce que si elle est comme ça, il y en a surement beaucoup d'autres comme elle.

Elle me fait peine cette femme parce qu'elle a l'air vieille , elle pense comme dans les années 50 bref elle est vieille avant l'heure. Je me demande si un jour elle  ne regrettera pas d'être passé à coté de la vie. Quoique j'en doute, l'important pour elle étant d'être une bonne épouse (type année 50).

moi, je dois dire que ça reste un mystère pour moi, sinon que je déplore vraiment cet esprit arrièrré ! 

Vos commentaires

1 Le Vendredi 2 Novembre 2007 à 21:41 GMT+2, par Cécile

Bonsoir Anne, je sais que je ne poste pas souvent sur ton blog, et je me propose de corriger cet état de fait en commençant tout de suite. Je pense que ta collègue a eu tort d'étaler la vie de sa belle-soeur comme ça, c'est indiscret et déplacé. Maintenant peut-être que la belle-soeur a un comportement vraiment immature et affligeant et qu'elle a considéré son avortement comme une contraception pure et simple. Je sais très bien que pour la plupart des femmes la décision est au moins aussi traumatisante que l'acte lui-même et qu'elles en restent marquées à vie, voire que la relation qu'elles avaient avec leur compagnon en reste à jamais ternie. Malgré tout il existe bel et bien des écervelées qui, négligeant de se protéger d'une éventuelle grossesse ET des MST, ne voient dans l'avortement rien de plus qu'un moyen de se débarrasser d'un fardeau gênant. J'ai vu le cas d'une élève de Term (pas dans ma ville) ayant essayé de et réussi à se faire faire un enfant par son copain pour pouvoir aller avorter le jour d'une épreuve de bac et obtenir la dérogation pour le repasser en septembre parce qu'elle n'avait rien révisé... L'avortement est une avancée nécessaire dans bien des cas, jamais je ne dirai le contraire. En revanche, mère de deux enfants (qui auront le droit de jouer à la poupée jusqu'au jour où elles n'en auront plus envie, c'est toujours mieux que la playstation) que j'ai chéris sitôt leur conception et senti bouger très tôt, j'arrive tout à fait à comprendre que l'idée même de l'avortement puisse révolter. De là à en faire un prétexte pour baver sur une belle-soeur qu'on ne porte que moyennement dans son coeur, sans doute plus par jalousie pour sa sexualité active que par inquiétude pour le salut de son âme, le pas franchi par ta collègue est minable, nous sommes d'accord =)

2 Le Samedi 3 Novembre 2007 à 19:03 GMT+2, par nannette

@ cécile: bien contente de savoir que tu me lis! en ce qui concerne cet article, je suis d'accord avec toi, mais ne laissons pas pour autant un arbre cacher la forêt, meme si j'en conviens le comportement de certaines n'est pas de plus fameux et porte du coup préjudice à toutes les autres. En ce qui concerne ma collègue, je trouve effectivement très choquant qu'elle parle ainsi de sa belle soeur. Et pour sa fille, ce n'est pas le fait qu'elle joue à la poupée qui me pose un problème, au contraire laissons les enfants être des enfants, mais plutôt la façon dont sa mère l'infantilise et le rapport que cette meme mère semble avoir avec la sexualité, hors rien de plus constructif et instructif qu'une discussion sans tabou au sein de son cercle famillial me semble t'il.

3 Le Samedi 3 Novembre 2007 à 19:35 GMT+2, par Cécile

En effet, du moment que ton interlocuteur est ouvert à ce genre de discussion. Avec mes filles, je pars du principe qu'aucune question n'est idiote, et quand elles disent quelque chose de provocant, c'est parfois sans même savoir que ça l'est. Elles répètent quelque chose qu'elles ont entendu et n'ont pas compris et elles testent parmi les adultes pour voir la réaction et sans doute obtenir une explication. Par exemple, c'est parce qu'elles avaient été placées à table avec deux garçons un peu plus âgés qu'elles chez des amis que l'une d'entre elles m'a sorti: deux filles qui s'embrassent sur la bouche ce sont des gou.... Alors je lui ai demandé d'expliquer exactement d'où elle tenait ça et ce qu'elle avait compris et je lui ai expliqué ce que c'était que l'homosexualité et comment on devait employer certains mots de préférence à d'autres pour ne pas être insultant. S'il arrivait que l'une d'elles se retrouve enceinte ado par accident, c'est que je n'aurais pas fait mon boulot d'information et de prévention correctement. J'espère en tout cas qu'elles auraient suffisamment confiance en moi et en ma capacité à gérer la situation pour me le dire franchement au lieu d'aller directement avorter en douce, pressurée par le copain.

4 Le Dimanche 4 Novembre 2007 à 17:37 GMT+2, par nannette

@ cécile: nul doute que oui cécile et c'est une vraie chance pour tes filles .

5 Le Dimanche 4 Novembre 2007 à 17:41 GMT+2, par Louise

Bonjour,

Très touchée par ton article. J'exerce un métier délicat où le problème de l'avortement se pose. Ce n'est pas un acte honteux, certes c'est un acte difficile mais nous n'avons pas à juger, c'est à chaque femme de faire ce qu'elle peut suivant sa situation, son entourage et, son éducation. Je suis un peu inquiète tout de même car je trouve que la société devient de plus en plus "rétrograde". A bientôt. Bises. Louise.

6 Le Dimanche 4 Novembre 2007 à 18:04 GMT+2, par nannette

@ louise: oui louise c'est le message que j'essayais de faire passer ce sentiment de "retour en arrière", j'espère n'avoir heurté ou blessé personne, le titre est volontairement provocateur. moi, ce qui m'a profondément choqué et qui a motivé mon article (peut être un peu maladroit, mais c'est un problème délicat aux multiples facettes que je ne prétends d'ailleurs pas toutes connaitre), c'est cette façon qu'avait cette femme de juger l'acte d'une autre qui est peut être une écervelée et quand bien meme, nous n'avons pas à juger. Quand j'étais petite ( cm2) nous avons eu une intervention très bien faite, sur la pédophilie, et les questions à se poser simples ( est ce que maman sait ou je suis?, est ce que ça me dit oui ou est ce que ça me dit non?, est ce que je connais cette personne ?, si l'une des trois réponses est négatives il faut alerter un adulte connu, le contexte était de suivre un inconnu qui vous aborde en dehors de chez vous pour demander son chemin, proposer des bonbons etc... ), cette intervention m'a beaucoup marqué et encore maintenant je m'en rappelle assez bien et j'utilise encore dans ma vie d'adulte ces trois questions en certaines occasions. mais l'une des phrases prononcée par l'une des animatrices m'est restée gravée " mon corps c'est mon corps" et moi seule décide de la façon d'en j'en dispose et personne n'a à juger les choix ni les actions qui peuvent motiver certains de mes actes.

7 Le Dimanche 4 Novembre 2007 à 19:23 GMT+2, par Dolores

Pff oui ben si c'est une vieille fille pas étonnant qu'elle pensen cela ! En gros elle a rien comprsi à notre époque !

8 Le Dimanche 4 Novembre 2007 à 21:16 GMT+2, par Cécile

Moi ce que je voudrais voir la société admettre une fois pour toutes, c'est que l'avortement n'est que 'très moyennement' un libre choix pour la femme de disposer de son corps. Souvent une femme qui avorte le fait sous la pression familiale ou du conjoint. Combien le font pour ne pas perdre l'homme qu'elles aiment, par peur de la réaction des parents etc...? Qui se soucie de savoir si leur non-désir d'enfant est réel, et elles en premier? Se posent-elles réellement, honnêtement la question ou évitent-elles de se la poser parce qu'elles savent très bien que si elles étaient seules impliquées elles auraient cet enfant? C'est exactement à mon avis ce qui rend la plupart de ces femmes folles de douleur et d'amertume au quotidien par la suite, ce qui les pousse à se poser année après année, la question de savoir à quoi ressemblerait l'enfant qu'elles n'ont pas eu, les notes qu'il ramènerait de l'école, les cadeaux qu'il lui offrirait pour la fête des mères, le métier qu'il exercerait plus tard. Aurait-il été un pianiste de génie, un brillant médecin, un professeur dévoué, un garagiste de renom, une bonne soeur? Le droit à l'avortement est-il vraiment une chance pour la femme d'exercer son libre arbitre ou un moyen de plus de l'aliéner dans ce qu'elle a de plus intime et de plus naturel? J'ai été moi-même confrontée au choix, je ne le dis pas souvent. On m'a laissé toutes les cartes en main (et c'est vrai aussi, l'énorme responsabilité de choisir ou non de mettre au monde un enfant potentiellement en mauvaise santé), j'ai eu cette chance là. J'ai décidé de mener ma grossesse à terme et j'ai eu le bol extraordinaire d'avoir une fille en parfaite santé qui m'apporte au quotidien un bonheur incroyable. Parfois je pleure en pensant que j'aurais pu passer à côté de cette enfant merveilleuse. Et je pleure pour toutes celles qui sont passées à côté du leur, sans être absolument sûres qu'elles ne pouvaient / voulaient pas le garder, parce qu'à un moment donné où elles étaient particulièrement vulnérables, on leur a fait croire qu'elles n'avaient pas d'autre choix. Pas d'autre choix...

9 Le Lundi 5 Novembre 2007 à 04:38 GMT+2, par Kip

D'où les dangers d'une banalisation de l'acte et de la nécessité absolue d'une éducation précise et d'une information concise...

10 Le Mercredi 7 Novembre 2007 à 09:43 GMT+2, par tink

Bonjour Nannette,
je viens rarement commenter chez toi et pourtant je te lis toujours avec plaisir. Ce sujet, s'il m'est inconnu (à un niveau personnel) me touche car en temps que femme, cette question de l'avortement se pose à nous toutes de manière plus ou moins consciente à un moment ou à un autre de notre vie (A moins d'avoir déjà des convictions fortes en la matière)
Cécile soulève un point important, il me semble quand elle parle du choix. Actuellement, je suis avec quelqu'un de très ouvert et en qui j'ai une confiance absolue, et je sais que si la question devait se poser un jour, il me suivrait, me soutiendrait dans ma décision, quelle qu'elle soit. Mais je me souvient de mon ex qui m'a dit un jour que si je tombais enceinte par accident c'est que d'une: ce ne serais pas vraiment un accident parce qu'une femme doit contrôler son corps(argh!) sous entendu que ce serait sans doute de ma faute et que de deux: il ferais tout pour me faire avorter sinon il me quittait (argh!!)Où est le choix? Bien évidemment, je lui ais répondu que de toute façon si je tombais enceinte accidentellemnt, je ferais ce que JE voulais et que sans doute c'est moi qui le quitterais, quelque soit ma décision.Je peux vous dire que notre libido s'est calmé pendant quelques temps après ça! :D
Je suis une de ces femmes qui il y a 30 ans aurait milité pour l'avortement, car c'est effectivement une avancée dans le droit de la femme à disposer de son corps et de ne pas être juste une machine à faire des bébés. Mais le choix doit être entièrement libre de toute pression et en toute connaissance.

11 Le Mercredi 7 Novembre 2007 à 12:42 GMT+2, par nannette

@tink: bien contente que tu publies, moi je prends partie ni pour une position ni pour l'autre, je pense que c'est à chacune de prendre sa décision en son âme et conscience si difficile se soit, et sans subir l'influence de qui que ce soit. je pense que moi aussi il y a trente ans j'aurais milité pour ce droit, que je considère comme une avancée pour notre société. Dans le cas, présent , ce qui a motivé mon article, c'est le choc que j'ai ressenti devant les critiques formulées par ma collègue et le sentiment de retour en arrière. l'idée était au delà de cela de provoquer le débat, et ce qui a été fait ma foi, ce qui prouve bien que cela reste un sujet des plus sensibles, et qu'il demeure important d'en parler.

12 Le Mercredi 6 Fevrier 2008 à 21:29 GMT+2, par Manu

Moi, c'est plus une question, peut-on avorter pour un maladie peu handicapante ?

13 Le Jeudi 7 Fevrier 2008 à 16:55 GMT+2, par nannette

@manu : bonjour, je ne suis pas médecin. Je ne peux donc pas te répondre. Comme je vuolais le souligner dans l'article, il s'agit d'un choix qui doit être librement consenti, chaque cas est particuler et c'est à chacun de choisir en son ame et conscience sans subir la pression "du qu'en dira t'on". Merci d'être passé

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